La charpente traditionnelle dans tous ses états

La charpente traditionnelle est une charpente qui se distingue essentiellement par ses atouts esthétiques et mécaniques. Elle convient généralement pour l’aménagement des combles. Elle est également conseillée pour rénover la toiture. En laissant de la place aux combles, elle donne également lieu à la création d’extensions à la maison. Ainsi, on peut aménager des pièces supplémentaires comme une chambre, un bureau ou une salle de jeu.

La charpente traditionnelle est une structure constituée de fermes, de pannes et de chevrons. Une ferme, quant à elle, se compose de l’assemblage de plusieurs pièces de bois massif. Les arbalétriers, l’entrait et le poinçon construisent le réseau principal de la ferme si les éléments comme les contre-fiches, les jambes de force, les diagonales ainsi que les potelets forment le réseau secondaire. L’assemblage de ces parties constitutives de la ferme se fait par embrèvement, par boulon ou par clouage.

Une ferme reporte une charge concentrée conséquente sur les infrastructures. La ferme traditionnelle se décline en une solution appréciable quand la charpente comporte d’importantes pénétrations telles que les cheminées, les cages d’escalier au niveau du plancher, les lucarnes ou les raccords comme les noues et les arêtiers. À cause de l’utilisation de fortes sections, la ferme propose une bonne tenue au feu. Elle peut très bien s’exposer et qualifier l’espace concerné. Ainsi, on écarte au mieux les fermes, sans le faire au détriment des pannes et des solives. La ferme traditionnelle est placée dans un plan vertical, qui doit être contreventée pendant sa mise en œuvre. Pour ce faire, on use des liens disposés à l’intérieur du plan du faîtage.

Il faut prévoir un budget compris entre 70 et 110 € le m2 pour une charpente traditionnelle.

La structure primaire de la charpente

Les pannes et les fermes qu’elles relient composent la structure primaire de la charpente traditionnelle. Celles-ci se placent en parallèle au faîte, la partie la plus élevée du bâtiment. La structure primaire est constituée d’éléments suivants :

  • Les sablières, placées en partie basse de la charpente, les pannes intermédiaires, les pièces prenant base sur les arbalétriers et les pannes faîtières.
  • Les noues, les arêtes d’intersection de deux versants de toiture qui se coupent à angle rentrant.
  • Les arêtiers, les arêtes d’intersection de deux versants de toiture qui se coupent à angle saillant.
  • Les fermes, les éléments de la charpente qui supportent les pannes et les chevrons tout en soutenant la couverture.

La structure secondaire

Les chevrons composent la structure secondaire de la charpente traditionnelle. Ces pièces de bois ont pour objectif de reprendre les charges imputables à la sous-toiture et aux matériaux de couverture tels que les contrelattes et les tuiles. Les chevrons autorisent la pose d’une couche d’isolant plus épaisse, tout en réduisant le nombre de pannes nécessaires.

Le support de couverture

Les matériaux supportant la couverture évoluent selon la composition de la couverture. Si la couverture est faite de tuiles ou d’ardoises fixées par des crochets, on doit utiliser des lattes comme supports. Par contre, si la couverture est faite d’ardoises fixées au moyen de clous, le support de couverture sera un voligeage, soit une planche de bois rectangulaire, de faible épaisseur, qui peut aussi accueillir les panneaux de bois.

L’utilisation de la charpente traditionnelle

La charpente traditionnelle représente l’intégralité de la qualité du travail artisanal du charpentier. Pour cette raison, elle mérite d’être laissée apparente. Son aspect très esthétique grâce surtout au bois massif qui la compose, lui permet largement de se montrer telle qu’elle est, sans besoin de dissimulation. Avec une charpente traditionnelle, tous les types de toitures sont envisageables, car elle permet de nombreuses dimensions et de nombreux styles.

La mise en place d’une charpente traditionnelle

Quand les pièces de charpente sont livrées, le charpentier les scie en fonction du mode d’assemblage choisi, assemblage par embrèvement ou assemblage moisé. Auparavant, il doit effectuer une épure au sol, puis il assemble les différentes pièces selon les marques laissées sur chacune d’entre elles.

Après assemblage des pièces, le charpentier lève les fermes pour assurer leur mise en place. La maçonnerie est vérifiée pour être sûre qu’elle puisse supporter correctement le poids total de la charpente. Les cales doivent être placées de manière à faciliter le garnissage futur. Lors de cette étape, le charpentier doit faire preuve d’un bon choix d’appareils de levage en fonction du poids de la ferme comme le camion-grue ou le tracteur. Il doit prendre toutes les dispositions liées à la solidité des appuis des engins de levage. Enfin, il doit bien fixer la ferme par des treuils, des câbles ou des moufles.

Le montage de la charpente traditionnelle

Les différentes étapes de montage d’une charpente traditionnelle sont les suivantes :

  • Le réglage des  niveaux de pièces de charpente.
  • La mise en place des  étrésillons d’entrait : la fermette suivante est calée en fixant au milieu de la largeur de la section, sur les repères d’entraxe. Ils correspondent à la largeur des étrésillons auquel on doit ajouter 2 fois la moitié de largeur des bois. On règle par la suite toutes les fermes,
  • L’ancrage des pannes dans la maçonnerie qui est effectué en scellant tous les points d’attache au mortier.
  • La pose des  fermes sur la maçonnerie ou les pannes sablières.
  • La mise en place du dispositif de contreventement provisoire qui doit se réaliser après la première pose de ferme, pour éviter tout accident durant le levage des fermes suivantes
  • La mise en place du dispositif d’anti-flambement
  • L’installation des chevrons qui sont cloués sur les pannes, suivant les marques prévues par le plan d’exécution.

La charpente industrielle

En comparaison à la charpente traditionnelle, issue d’une conception artisanale et d’un cachet visible dans les maisons anciennes, la charpente industrielle appelée la « fermette » est presque à l’opposé. De conception américaine des années 50, ce type de charpente est conçu à base de triangulation. Cette technique vise à déterminer la position d’un point en mesurant le degré des angles, entre ce point et d’autres points de référence déjà connus, via des pièces de bois (par exemple, les fermettes, l’arbalétrier et les fiches) et des pièces métalliques (connecteurs, nœud de ferme), posées de façon triangulaire.

Légère, la charpente industrielle permet une pose simplifiée et moins onéreuse. Sa conception lui assure une grande stabilité ainsi qu’une bonne répartition des charges, les fermettes étant espacées de 60 cm. Elles remplissent le rôle des pannes et portent directement les chevrons. Ainsi, une charpente fermette ne dispose pas forcément de ces pièces de bois à la conception. La fermette donne également la possibilité de laisser passer les isolants et les gaines électriques et de ventilation. Le prix de la charpente fermette au m2 est de 60 € environ.

Les inconvénients d’une charpente industrielle

Le principal défaut d’une charpente industrielle est le fait de ne pas pouvoir aménager de combles, à cause de la nature de sa conception, et de la hauteur sous toiture insuffisante. En effet, la conception d’une charpente industrielle est pleine, ne laissant pas ainsi d’espace disponible et la pente plus large que celle de la charpente ne permet pas en général d’avoir la hauteur suffisante (1,80 m). Si on souhaite quand même aménager des combles, il faut retirer les fermettes pour libérer l’espace.

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